vendredi 18 juillet 2008

La Méditerranée, la dernière ligne droite!

Adieu la Manche et l’Océan c’est désormais en Méditerranée que l’équipage Val Thorens et ses concurrents ont rendez-vous. Dix jours de courses entre St Cyprien et Hyères mais surtout dix jours pour récupérer le Spi Bleu et conquérir ainsi un second titre ! La lutte finale entre les montagnards et les Bretons bat son plein, le suspense est à son paroxysme, les deux rêvent de victoire, un seul y parviendra, mais lequel ? Les malouins sont très forts, les Savoyards redoutables, à ce stade de la compétition seuls le mental, la concentration, l’énergie mais également la chance feront la différence. Val Thorens sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, le moindre faux pas pourrait être fatal, croisons les doigts ! Une chose est sûre la détermination et l’envie de gagner ne font pas défaut à l’équipage Alpin, plus que jamais prêt à en découdre.

Mais si la guerre entre les hommes de l’Est et ceux de l’Ouest est déclarée sur l’eau, heureusement à terre fairplay et bon entente entre ces deux là priment. Les deux adversaires se respectent et s’apprécient. Val Thorens a d’ailleurs convié samedi soir son concurrent à un petit rafraîchissement, une belle image sportive hélas, de plus en plus rarissime.

Quand vient la fin de l’Atlantique…il faut alors partir !
C’est donc hier en fin de matinée que le « team » Val Thorens a pris la route, to schuss en Méditerranée. La soirée festive de la veille laisse à l’équipage quelques jolies cernes en souvenirs, les paupières pour certains sont lourdes, les banquettes des camions se transforment au fil des heures en petit coin couchette. Chut, l’équipage est en pleine concentration ! Bonne nouvelle, le soleil, plutôt timide jusqu’à présent illumine le voyage. Les montagnes pyrénéennes sont en vue, palmiers et couleurs chaudes peignent le paysage, les températures s’enflamment, on dirait le Sud, le panneau Saint-Cyprien est franchit, Valtho est arrivé. Il était temps, 9h de route ça commençait à faire long. L’équipage s’installe rapidement au village assistance et part rejoindre le mas où il passera ces trois prochaines nuits. Pizzas et gros dodo au programme avant la journée de demain qui s’annonce chargée. Remise à l’eau du bateau, ponçage de la coque, petit entraînement histoire de régler le mât et communication oblige, séance tournage au village assistance, il y en aura pour tout le monde et pour tous les goûts. Le retour à la compétition étant prévu demain, nous profiterons de cette pause pour écrire quelques lignes sur l’équipe terre.

Sur l’eau la course, à terre le marathon !
Filières, winchs, rappel, reaching… ces mots si familiers aux navigants ne font pas vraiment partie du vocabulaire de l’équipe terre. Et pourtant, même si ils ne sont pas sur les bateaux, ils sont indispensables. Charlotte et Kévin dit « Mouzin » sont les figures de l’ombre de l’équipage Val Thorens. Cuisinière et préparateur de bateau en herbe, ces deux protagonistes ne récoltent pas les honneurs comme les marins mais ont cependant leur importance. Entre journées très rythmées et humeur pas toujours très joviale des navigants, les acolytes doivent tout supporter.

A l’abri des oreilles de l’équipage, Charlotte au franc-parler et à la frimousse toujours souriante nous livre quelques confidences : « Faire les courses, préparer les repas pour 10 à 15 personnes à terre mais également les sandwichs et salades pour les régates demande beaucoup d’organisation. Les quantités à prévoir sont énormes, les allers-retours aux supermarchés sont donc très fréquents ». Le plus casse-tête avoue-t-elle c’est de varier les menus : « je n’ai malheureusement pas toute une panoplie de recettes en tête, je fais donc appel à mon sens de l’imagination et teste régulièrement de nouveaux plats ». Mais cela satisfait-il ces messieurs ? « Ils sont plutôt avares côté compliments, je pense que ça leur convient car je ne les ai presque pas entendus, j’ai même le droit de temps en temps (leur réputation de machos est en jeu) à un petit « merci pour ce délicieux repas » alors je ne vais pas me plaindre. »
Dérision de nos dérisoires !

Mouzin, quand à lui est l’homme à tout faire de l’équipage. Homme grenouille dès l’aube pour caréner le bateau, taxi, assistant de Charlotte durant la journée sans oublier bricoleur quand le Mumm 30 de Valtho a quelques petits bobos à soigner, ce bon vivant au sens de l’humour très développé nous dévoile ses secrets en toute modestie: « préparateur de bateau sur une compétition de cette envergure est un métier à prendre au sérieux, j’accorde beaucoup d’importance au carénage du bateau car même si les navigants ne veulent pas l’admettre, je sais que c’est de ça que dépendent les résultats. » Que les néophytes se rassurent, Mouzin a accepté de nous dispenser une leçon de carénage : « Caréner le bateau consiste à nettoyer la coque de celui-ci, frotter pour enlever les algues qui s’y déposent dans le port et lors des courses. » Mais attention n’est pas caréneur qui veut ! « C’est vrai, la clef de la réussite c’est avant tout l’outillage et un bon équipement. En ce qui me concerne, mes outils sont soigneusement rangés dans une petite mallette que je trimbale chaque matin sur les pontons. Pour ce qui est de la tenue, c’est combinaison de plongée, bouteille, palmes et tuba, les filles en sont folles ». L’information est notée, reste maintenant le mystère du contenu de la mallette a percé : « un éventail d’éponges aux dimensions et couleurs différentes, rouge, verte et jaune, certaines métalliques d’autres en mousse, quelques chiffons, un thermomètre et un indicateur de PH ». Impressionnant ! ça ne paraissait pourtant pas si compliqué « et oui c’est bien le problème, la plupart des amateurs de carénage sont persuadés qu’une seule éponge suffit, or tout dépend de la qualité de l’eau et de sa température, chaque éponge à sa spécialité et sa spécificité, il faut les connaître et les approprier avec l’eau. » conclut le préparateur confirmé.

Des propos si sérieux qu’on les croirait véridiques, mais tout ceci n’est au final que le délire de l’équipage Val Thorens ce midi à table. Un grand moment de rire que nous avons tenu à vous faire partager. Une petite galéjade pour évacuer la pression et se libérer de cet insoutenable suspense, qui fait à la fois toute la beauté de l’aventure mais aussi se ronger les sangs aux montagnards et à ses supporters.

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