vendredi 18 juillet 2008

Statu quo pour Valtho!

Equipage : Johan (barreur), Christophe (GV), Matthieu (Régleur1), Alexis (tacticien), Benjamin (régleur 2), Antoine Lacombe (piano), Ludovic De Courlon (numéro 1).

Après deux heures de ralliement au moteur les montagnards sont arrivés à Port Barcarès hier soir vers 22h. Au menu d’aujourd’hui trois manches et un retour ponton prévu à 17h. Val Thorens souhaite augmenter son avance sur les Malouins pour aborder le premier ralliement Méditerranéen de 120 miles à destination de Marseille dans les meilleures conditions. Les trois parcours bananes du jour s’annoncent donc sportifs d’autant que les professionnels d’Ile de France talonnent de près les Savoyards au classement général. Seuls 4 petits points séparent ces deux concurrents ce matin au départ ponton, Val Thorens va devoir se battre sans rien lâcher pour garder sa place de sixième.



Les Malouins gardent le cap !
Dans des conditions particulièrement musclées, tramontane nord-nord-ouest oscillant entre 18 et 25 nœuds, Val Thorens ne parvient pas à distancer son adversaire au terme de la première journée de régates sur le plan d’eau de Port Barcarès. Au final, pas de grosses surprises, les costauds sont devant. Les montagnards se battent coûte que coûte mais les Malouins résistent.
Contrairement aux Bretons, l’équipage Alpin commence mal sa journée. Il se retrouve coincé entre Nouvelle Calédonie et les Bâtisseurs du Morbihan au départ du premier parcours et n’arrive pas à se dégager. Les montagnards subissent alors que les malouins les narguent en pointant aux avant-postes de la flotte. A l’arrivée Val Thorens est 17ème, St Malo Purflo 7ème, les montagnards ont perdu 10 points. « Il nous a fallu nous adapter aux conditions qui étaient particulièrement difficiles, c’était une manche de transition » explique Antoine.


Scénario identique au départ de la seconde régate, heureusement Val Thorens réussit à mieux jouer avec les oscillations de vent. Les options tactiques choisies s’avèrent payantes. A bord, les manœuvres nombreuses permettent aux Savoyards de grappiller quelques places et de finir en 4ème position, les Malouins sont juste derrière.

Sur le troisième parcours Val Thorens, un peu limite sur le départ, part complètement à gauche. Classé 10ème à la première bouée, l’équipage regagne quelques places sous Spi. Au final, il est 7ème.


La bonne opération du jour !
Si au classement amateur Val Thorens n’a pas réussi à creuser l’écart, au classement général il a gagné dix points sur Ile de France. Une bonne opération qui lui permet ce soir de conserver sa place de sixième au général.
Demain à midi, les bateaux reprendront le départ pour un ou plusieurs parcours devant Port-Barcarès. Le départ du ralliement pour Marseille sera donné à 19 heures.

Val Thorens en haut de l’affiche : Le télégramme de ce matin salue la performance des montagnards sur le première manche au programme de la journée d’hier.

Val Thorens grimpe!

Equipage : Johan (barreur), Christophe (GV), Matthieu (Régleur1), Alexis (tacticien), Benjamin (régleur 2), Antoine Lacombe (piano), Ludovic De Courlon (numéro 1).

L’équipage Val Thorens s’installe progressivement dans le fauteuil de leader du classement amateur du Tour de France à la Voile 2008. Classé deuxième à son arrivée en Méditerranée, VAL THORENS a vaincu son adversaire malouin sur les parcours banane de Saint Cyprien et a retrouvé ainsi le Spi Bleu. Après quinze jours de lutte acharnée pour la première place, les montagnards semblent prendre le dessus sur l’équipage de ST MALO PURFLO dans la Grande Bleue.

Au départ des parcours banane de St Cyprien, l’objectif d’Alexis Littoz-Baritel, skipper de Val Thorens était clair : « récupérer le Spi Bleu et faire la course sans marquer son adversaire Breton. » Au terme des manches courues, Val Thorens fait une remontée fulgurante sur la première marche du podium. Après deux journées en demi-teintes, l’équipage réussit tout de même à s’imposer face aux malouins grâce à de très belles performances.

Un numéro exceptionnel !
Les montagnards se sont encore illustrés aujourd’hui par une performance détonante : « après un assez mauvais départ sur la première manche, nous avons eu des difficultés à nous caler avec le vent, et pour couronner le tout nous faisons une faute qui nous oblige à réparer à la bouée au vent ! Nous étions avant-derniers à ce moment là, mais bien décidés à ne rien lâcher. Nous avons très bien marché sur les bords de près et de portant suivants. Grâce à une excellente vitesse, nous avons même pu passer devant des concurrents qui étaient généralement inaccessibles » explique Benjamin.

Val Thorens se classe finalement deuxième à l’arrivée de cette première manche ! Ce n’était pourtant pas chose facile, comme l’explique Johan, barreur à bord : « la météo était très compliquée : le vent bougeait de 30° à 40° dans tous les sens, tout en variant en intensité… ».

Suite à deux mauvaises options tactiques mais grâce à une bonne vitesse sous Spi qui lui permet de remonter quelques bateaux, l’équipage Alpin termine respectivement 10ème et 20ème des deux parcours suivants.

Les vingt-sept Mumm 30 quitteront Saint-Cyprien ce soir, pour un convoyage* hors-course d’une quinzaine de milles en direction de Port-Barcarès, la deuxième escale méditerranéenne de ce Tour de France à la Voile 2008. Benjamin, Ludovic, Christophe, Antoine et exceptionnellement Mouzin seront de la partie. Les régates reprendront dès demain midi, dans un vent de nord-ouest modéré, et toujours très instable.
Le dico du jargon de la voile : convoyage : ralliement au moteur

Val Thorens en haut de l’affiche : Matthieu a répondu aux questions de la radio du Tour de France à la Voile ce matin à écouter sur www.tourvoile.fr. Johan a également été interviewé par Sport + ce matin au départ ponton et Alexis sur l’eau (images visibles dans le reportage de Sport + ce soir).

La Grande Bleue débute sous les meilleurs auspices!

Equipage : Johan (barreur), Christophe (GV), Matthieu (Régleur1), Alexis (tacticien), Benjamin (régleur 2), Antoine Lacombe (piano), Ludovic De Courlon (numéro 1).

La Méditerranée est difficile à apprivoiser, chaque navigant le sait. Les rotations de vent sont nombreuses, les réflexions tactiques très casse-tête. Dans ces conditions, le moindre synopsis est difficilement envisageable.

Ce matin au ponton concentration et pression se lisent sur les visages des marins. Une journée très sportive s’annonce puisque quatre parcours bananes sont au programme de la journée. L’objectif est clair, reprendre le Spi Bleu aux Malouins. Cinq points séparent les Montagnards des Bretons au classement général, tout est encore jouable. Val Thorens est en position d’outsider, mais pas question pour le moment d’élaborer le moindre plan tactique par rapport à son adversaire. Johan, barreur à bord est formel, il est encore trop tôt pour marquer St Malo Purflo, les montagnards doivent faire leur course sans se soucier de leur concurrent. Comme la plupart des équipages, Val Thorens a procédé à quelques changements de navigants. Ludovic, Benjamin, Antoine et Christophe nous ont rejoints, les autres sont partis se reposer.

Après une heure d’attente au ponton due à la faiblesse du vent, les montagnards partent finalement du port à 12h. Val Thorens débute sur les chapeaux de roues mais connait une petite défaillance sur le dernier parcours.

Le résumé des quatre manches avec Christophe:
« Après un bon départ nous partons au milieu gauche mais nous nous recalons très vite à droite. La flotte est assez compacte. Notre bonne vitesse nous permet de nous maintenir dans les cinq premiers à chaque passage de bouée. Le vent d’onze nœuds mollit à 8 nœuds, nous terminons 4ème. » L’équipage est ravi mais ne peut savourer sa performance, une seconde régate débute déjà.

« Le vent a de nouveau forci sur la deuxième manche et souffle maintenant aux alentours de 12 nœuds. Après un départ assez laborieux nous nous retrouvons coincés en milieu de paquet, nous n’arrivons pas tout de suite à nous décaler. Nous remontons des places sur les bords suivants pour finir 6ème. »

« Nous sommes les premiers à nous dégager à droite lors du troisième parcours banane. Le vent tourne à gauche à la fin du bord de près, nous passons donc derrière les bateaux partis à gauche dès le départ. Nous reprenons des places sur les autres bords et franchissons la ligne d’arrivée à la 11ème place. »

« Très bon départ de Val Thorens pour la quatrième manche. L’équipage choisit d’aller à gauche puis de se recaler au milieu mais n’y parvient pas, la flotte est trop serrée, nous n’arrivons pas à nous insérer. Nous passons les deux premières bouées en queue de flotte mais notre bonne vitesse et de bons coups tactiques nous permettent de remonter une bonne dizaine de places et de finir 15ème. »

Epuisés les montagnards rentrent à quai, satisfaits de leur journée, ils ont atteint leur objectif, le Spi Bleu est reconquis ! Dommage à l’arrivée l’heure n’est pas au repos, quelques réparations sur le bateau s’avèrent indispensables. Tout doit être au point pour demain avant la traditionnelle sardinade de ce soir, offerte par la ville de St Cyprien et que l’équipage partagera en compagnie de son meilleur ennemi, l’équipage Malouin. Ennemi sur l’eau, ami à terre !

Val Thorens en haut de l’affiche : Ce matin Matthieu répondait aux questions de radio Alpes à écouter sur le site Internet de la radio.

La Méditerranée, la dernière ligne droite!

Adieu la Manche et l’Océan c’est désormais en Méditerranée que l’équipage Val Thorens et ses concurrents ont rendez-vous. Dix jours de courses entre St Cyprien et Hyères mais surtout dix jours pour récupérer le Spi Bleu et conquérir ainsi un second titre ! La lutte finale entre les montagnards et les Bretons bat son plein, le suspense est à son paroxysme, les deux rêvent de victoire, un seul y parviendra, mais lequel ? Les malouins sont très forts, les Savoyards redoutables, à ce stade de la compétition seuls le mental, la concentration, l’énergie mais également la chance feront la différence. Val Thorens sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, le moindre faux pas pourrait être fatal, croisons les doigts ! Une chose est sûre la détermination et l’envie de gagner ne font pas défaut à l’équipage Alpin, plus que jamais prêt à en découdre.

Mais si la guerre entre les hommes de l’Est et ceux de l’Ouest est déclarée sur l’eau, heureusement à terre fairplay et bon entente entre ces deux là priment. Les deux adversaires se respectent et s’apprécient. Val Thorens a d’ailleurs convié samedi soir son concurrent à un petit rafraîchissement, une belle image sportive hélas, de plus en plus rarissime.

Quand vient la fin de l’Atlantique…il faut alors partir !
C’est donc hier en fin de matinée que le « team » Val Thorens a pris la route, to schuss en Méditerranée. La soirée festive de la veille laisse à l’équipage quelques jolies cernes en souvenirs, les paupières pour certains sont lourdes, les banquettes des camions se transforment au fil des heures en petit coin couchette. Chut, l’équipage est en pleine concentration ! Bonne nouvelle, le soleil, plutôt timide jusqu’à présent illumine le voyage. Les montagnes pyrénéennes sont en vue, palmiers et couleurs chaudes peignent le paysage, les températures s’enflamment, on dirait le Sud, le panneau Saint-Cyprien est franchit, Valtho est arrivé. Il était temps, 9h de route ça commençait à faire long. L’équipage s’installe rapidement au village assistance et part rejoindre le mas où il passera ces trois prochaines nuits. Pizzas et gros dodo au programme avant la journée de demain qui s’annonce chargée. Remise à l’eau du bateau, ponçage de la coque, petit entraînement histoire de régler le mât et communication oblige, séance tournage au village assistance, il y en aura pour tout le monde et pour tous les goûts. Le retour à la compétition étant prévu demain, nous profiterons de cette pause pour écrire quelques lignes sur l’équipe terre.

Sur l’eau la course, à terre le marathon !
Filières, winchs, rappel, reaching… ces mots si familiers aux navigants ne font pas vraiment partie du vocabulaire de l’équipe terre. Et pourtant, même si ils ne sont pas sur les bateaux, ils sont indispensables. Charlotte et Kévin dit « Mouzin » sont les figures de l’ombre de l’équipage Val Thorens. Cuisinière et préparateur de bateau en herbe, ces deux protagonistes ne récoltent pas les honneurs comme les marins mais ont cependant leur importance. Entre journées très rythmées et humeur pas toujours très joviale des navigants, les acolytes doivent tout supporter.

A l’abri des oreilles de l’équipage, Charlotte au franc-parler et à la frimousse toujours souriante nous livre quelques confidences : « Faire les courses, préparer les repas pour 10 à 15 personnes à terre mais également les sandwichs et salades pour les régates demande beaucoup d’organisation. Les quantités à prévoir sont énormes, les allers-retours aux supermarchés sont donc très fréquents ». Le plus casse-tête avoue-t-elle c’est de varier les menus : « je n’ai malheureusement pas toute une panoplie de recettes en tête, je fais donc appel à mon sens de l’imagination et teste régulièrement de nouveaux plats ». Mais cela satisfait-il ces messieurs ? « Ils sont plutôt avares côté compliments, je pense que ça leur convient car je ne les ai presque pas entendus, j’ai même le droit de temps en temps (leur réputation de machos est en jeu) à un petit « merci pour ce délicieux repas » alors je ne vais pas me plaindre. »
Dérision de nos dérisoires !

Mouzin, quand à lui est l’homme à tout faire de l’équipage. Homme grenouille dès l’aube pour caréner le bateau, taxi, assistant de Charlotte durant la journée sans oublier bricoleur quand le Mumm 30 de Valtho a quelques petits bobos à soigner, ce bon vivant au sens de l’humour très développé nous dévoile ses secrets en toute modestie: « préparateur de bateau sur une compétition de cette envergure est un métier à prendre au sérieux, j’accorde beaucoup d’importance au carénage du bateau car même si les navigants ne veulent pas l’admettre, je sais que c’est de ça que dépendent les résultats. » Que les néophytes se rassurent, Mouzin a accepté de nous dispenser une leçon de carénage : « Caréner le bateau consiste à nettoyer la coque de celui-ci, frotter pour enlever les algues qui s’y déposent dans le port et lors des courses. » Mais attention n’est pas caréneur qui veut ! « C’est vrai, la clef de la réussite c’est avant tout l’outillage et un bon équipement. En ce qui me concerne, mes outils sont soigneusement rangés dans une petite mallette que je trimbale chaque matin sur les pontons. Pour ce qui est de la tenue, c’est combinaison de plongée, bouteille, palmes et tuba, les filles en sont folles ». L’information est notée, reste maintenant le mystère du contenu de la mallette a percé : « un éventail d’éponges aux dimensions et couleurs différentes, rouge, verte et jaune, certaines métalliques d’autres en mousse, quelques chiffons, un thermomètre et un indicateur de PH ». Impressionnant ! ça ne paraissait pourtant pas si compliqué « et oui c’est bien le problème, la plupart des amateurs de carénage sont persuadés qu’une seule éponge suffit, or tout dépend de la qualité de l’eau et de sa température, chaque éponge à sa spécialité et sa spécificité, il faut les connaître et les approprier avec l’eau. » conclut le préparateur confirmé.

Des propos si sérieux qu’on les croirait véridiques, mais tout ceci n’est au final que le délire de l’équipage Val Thorens ce midi à table. Un grand moment de rire que nous avons tenu à vous faire partager. Une petite galéjade pour évacuer la pression et se libérer de cet insoutenable suspense, qui fait à la fois toute la beauté de l’aventure mais aussi se ronger les sangs aux montagnards et à ses supporters.